--> A lire dans le n°24 des Cahiers de la Sécurité : Retour sur vingt années d’études et de recherches sur les crises
30 jui 2013
A lire dans le n°24 des Cahiers de la Sécurité : Retour sur vingt années d’études et de recherches sur les crises

Les Cahiers de la Sécurité présentent dans ce numéro plus de vingt années de réflexions sur la gestion de crise allant de la difficulté pour les gouvernements d’adapter leurs capacités de réponses au développement de nouvelles doctrines et de nouveaux outils pertinents. Le dossier central identifie ainsi cinq points clés pour les politiques publiques :
Le cadre de gouvernance national de crise doit être en mesure de faire face à la fois à une crise classique mais également à une crise sans précédent, tout en étant capable de faire face à des compromis associés à ces deux approches : se préparer à une crise classique avec des procédures opérationnelles standards et des plans prédéfinis, et développer des capacités d’adaptation et de flexibilité pour se préparer à l’inconnu en vue d’une crise d’un type nouveau

L’expertise multidisciplinaire doit être organisée pour donner du sens avant et pendant la crise. La disponibilité d’experts est à couple avec la confiance placée en eux. Cette confiance doit pouvoir être partagée par les populations. Ce point, en particulier en période de crise, est d’une importance capitale.

Le leadership en période de crise est essentiel pour restaurer la confiance de la population. Il requiert du professionnalisme. Donner du sens, prendre des décisions au sein des cellules de crise, anticiper, analyser et communiquer vers le réseau d’intervention d’urgence et les citoyens, sont des fonctions clés de direction, nécessitant des outils appropriés, des compétences et une formation adaptée. Cela passe par une répartition claire des rôles entre secteurs publics et privés mais aussi dans la capacité et la légitimité à faire accepter un message d’attente si la situation serait d’une telle gravité que l’engagement immédiat des secours pourrait aboutir à une vulnérabilité globale encore plus grande.

La capacité à gérer de nombreuses parties prenantes et des réseaux d’intervention multiforme (public / privé / ONG) constitue également un impératif dans lequel les pouvoirs publics doivent s’investir de manière continue pour répondre à la crise. Construire, former, maintenir et gérer de grands réseaux inter-organisationnels d’intervention, comprenant notamment le secteur privé, les volontaires et la société civile, exige une capacité à mobiliser à grande échelle l’ensemble de ces parties prenantes et à partager des valeurs et des objectifs communs. Se former régulièrement aux outils communs et aux mécanismes de communication, est la seule façon d’espérer un bon fonctionnement du réseau pendant la crise.

Renforcer la coopération internationale et les partenariats pour soutenir davantage la politique publique de gestion de crise. En plus d’échanger les bonnes pratiques et / ou de définir des normes communes pour la gestion des crises, la coopération internationale trouve intérêt à soutenir la gestion de crise dans de nombreux domaines : systèmes mondiaux de surveillance, systèmes mutualisés ou interconnectés d’alerte et de veille, interopérabilité des services de secours, disponibilité des équipes spécialisées, des outils et des fournitures à des niveaux transnationaux, interconnexion des structures stratégiques de gestion de crise, harmonisation des processus de communication de crise. Tous ces éléments sont autant de bénéfices qui peuvent être tirés d’une coopération internationale ou régionale, permettant à la fois une meilleure capacité de gestion de crise et des réductions de coûts.

Le dispositif français est bien sûr perfectible mais il présente déjà l’avantage d’avoir été conçu dès l’origine comme un outil de cohérence interministérielle globale de la réponse.
Les synergies potentielles offertes par la structure existante sont considérables. L’enjeu des prochaines années est de monter encore puissance en investissant dans la formation des acteurs de la crise et notamment des décideurs, en réduisant les zones de friction entre les périmètres des administrations et en créant de plus en plus d’espaces de confiance avec les acteurs non gouvernementaux qu’ils soient issus de la sphère économique privée ou de la société civile. Ce mouvement vers encore plus de professionnalisation doit bien entendu inclure la communication, trop souvent réduite à une dimension tactique.

Les vingt dernières années ont constitué malheureusement une période que l’on peut qualifier de prospère pour les crises. La « société » mondiale vit de nombreuses tensions économiques, politiques, guerrières, d’autant mieux connues que la société de l’information bénéficie de l’essor sans précédent des techniques de communication, tout comme la circulation des hommes, des biens et des services.
L’un des principaux enseignements de ces années est que la mission « sécurité » sera d’autant mieux assurée que la capacité à ne pas subir, grâce à une anticipation imaginative fondée sur un diagnostic pragmatique, est forte.
On pourra également se reporter à un précédent article paru le 21 avril 2013 dans ce même blog.

http://www.gerard-pardini.fr/spip.php?article45

En savoir plus

http://www.inhesj.fr/fr/qui-sommes-nous/les-publications/les-cahiers-de-la-securite

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