--> Connaitre les risques pour mieux gérer les crises (19)
07 déc 2014
Connaitre les risques pour mieux gérer les crises (19)

Pourquoi une politique de gestion des risques ?
Faire l’impasse d’une politique de gestion des risques revient à ne pas disposer de stratégie et s’exposer par la suite à une gestion de crise hasardeuse. Cela est d’autant plus vrai dans une période de forte contrainte budgétaire qui réduit les ressources pouvant être allouées au traitement d’un problème. Traitement inadapté des risques et mauvaise répartition des ressources sont liés.
Quatre grands écueils doivent être évités.
Le premier concerne l’absence de hiérarchisation des risques qui conduira à affecter des ressources insuffisantes.
Le second est de sur-réagir à un risque (ou une menace ou une vulnérabilité). Cela conduit à s’intéresser à la répartition de la réponse aux risques entre les niveaux individuels et collectifs. Une politique publique mal évaluée aura des effets négatifs en réduisant les incitations à la prévention individuelle.
Le troisième écueil est celui du traitement inégal des risques sur un territoire. Cela pose la question de la cohérence entre l’Etat et les collectivités territoriales et entre les collectivités territoriales elles-mêmes.
Le dernier écueil est l’émotion qui conduit à réagir après la survenance d’un événement. L’annonce d’une réglementation en réponse constituera une réponse pouvant souvent passer à côté du traitement de la cause de l’évènement. Comme le soulignent régulièrement les travaux de l’OCDE sur la gouvernance des crises « les solutions conçues à la hâte ne parviennent pas toujours à remédier aux causes du problème et peuvent entraîner des conséquences imprévues qui conduisent à l’échec des politiques mises en œuvre ».
Quelques pistes pour élaborer de meilleures politiques de gestion des risques
Les quelques points rappelés ci-dessous peuvent constituer autant de principes directeurs à prendre en compte dans l’élaboration d’une politique de gestion des risques et de préparation aux crises.
Certains de de ces principes sont évidents mais souvent oubliés ou mis en œuvre avec des biais les rendant peu efficaces. C’est le cas pour l’analyse inconvénients /avantages d’un risque qui peut révéler les aspects positifs d’un risque. Nous allons trouver également dans cette catégorie la perception du risque. De nombreux risques sont surévalués dans l’inconscient des citoyens et des décideurs, ce qui conduit à des allocations de ressources inadaptées. La dimension internationale est parfois aussi sous-estimée malgré son affichage tout comme peut l’être l’articulation entre les différents niveaux de décision nationaux. La mauvaise appréciation des interdépendances entre ces niveaux nationaux et l’international sera malheureusement source de facteurs aggravants quand une crise surviendra. La communication, sujet pourtant à la mode, pâtit encore trop souvent de stratégies indigentes, voire, inexistantes.
D’autres principes, liés à l’approche économique (chaines de valeur, aléa moral….) sont encore balbutiants tout comme le sont encore trop souvent l’analyse des structures de gouvernance et de prise de décision des acteurs de la gestion des risques et des crises. Ce type d’analyse ne peut oublier l’histoire qui explique souvent le style de prise de décision qui prévaut dans un pays et/ou dans une structure.
Toute faiblesse dans la prise en compte de ces facteurs conduit à ne pas appréhender les équilibres entre ce qui relève du domaine budget-finances et le sociétal. D’autres équilibres sont liés, il s’agit de ceux existant entre l’individuel et le collectif. On oublie ainsi que plus la prise en charge collective est forte, moins les politiques de prévention qui sont basées sur l’implication individuelle sont efficaces.
Se priver d’analyser de telles interactions participe à la remise en cause de la légitimité des pouvoirs publics à collecter l’impôt et à assurer la sécurité. Dernier point à ne pas négliger, il serait suicidaire pour une société de refuser une part de risque, car le fait d’assumer politiquement et socialement un risque permet de progresser et d’innover.

En savoir plus :
Portail de la gestion des risques de l’OCDE
http://www.oecd.org/fr/gov/risques/

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