Comprendre les crises (148) La stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis 2025 : Affichage de la faiblesse européenne et opportunité

Dans un précédent article, j’avais qualifié de « surprise prévisible » la rencontre « guet-apens » entre les Présidents Ukrainien et Américain le 28 février 2025 qui a été présentée comme une « sidération » par nombre de médias et de commentateurs.[1]  La publication, vendredi 5 décembre 2025, du document exposant la stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis a donné lieu à des commentaires s’inscrivant dans la même veine. On trouve ainsi pêle-mêle : « première victime l’Europe », « divorce consommé », « malaise stratégique » …pour ne citer que les expressions les plus employées.

Le document de 2025, malgré sa brutalité est pourtant d’une violence moindre à ce que nous avons connu au sortir de la seconde guerre mondiale quand Roosevelt envisageait un redécoupage de l’Europe avec une France amputée d’une partie de la région Nord au profit d’un ensemble néerlando-belgo-luxembourgeois et la rive gauche du Rhône transférée à l’Italie !

Faire sortir la France du jeu des grands équilibres internationaux a toujours été une tentation et parfois aussi un objectif affiché par les Etats-Unis. Réduire les zones d’influence africaines et asiatiques de la France a toujours constitué un but de politique étrangère pour notre principal « allié ».

Que dire également de la crise monétaire qui avait frappé la France au dernier trimestre de l’année 1968 et dont les causes ne peuvent se circonscrire à la seule conjonction de la baisse de la production industrielle, conséquence des grèves massives du mois de mai et de la hausse significative des salaires, conséquence des accords de Grenelle du mois de juin. Ces deux phénomènes ont été largement amplifiés par un catalyseur exogène, la spéculation contre le franc au profit du mark organisée par la Réserve fédérale américaine. De manière tout aussi brutale que celle employée par le Président Trump avec les droits douaniers, le secrétaire d’Etat au Trésor des Etats-Unis avait alors annoncé qu’il attendait une réévaluation de la monnaie allemande de 6,5% et la levée du véto français à l’entrée de la Grande Bretagne dans le marché commun pour stopper l’attaque.

Le général de Gaulle n’entendant pas faire le jeu américain, a fermé immédiatement la Bourse de Paris et refusé toute dévaluation. Cette manifestation d’autonomie stratégique à eu un prix : l’annonce d’un cocktail de mesures (augmentation des droits de succession, contrôle des changes, limitation des exportations de devises, annonce de la participation des salariés au profit des entreprises contre la volonté du MEDEF, annonce de la suppression du Sénat …). On connait la suite…[2]

La différence entre les deux périodes réside principalement dans la forme. Il y a un demi-siècle, les échanges étaient moins grossiers et les dirigeants plus éduqués…Il faut souligner qu’ils avaient tous connu au moins une guerre mondiale. De plus, des personnalités comme Nixon et Kissinger savaient trouver la voie et les mots, pour que les grands intérêts de politique internationale de leur pays puissent être compatibles avec des relations équilibrées en Europe et tout particulièrement en France dont ils connaissaient l’histoire profonde.

Dans un ouvrage paru en 2003, Pierre Hassner et Justin Vaîsse, ont décrit avec justesse les relations transatlantiques et franco-américaines en insistant notamment sur une vision américaine de l’Europe comprise comme une « collection d’Etats coopérant entre eux, mais dont les liens mutuels ne doivent en aucun cas prendre le pas sur ceux qu’ils entretiennent avec les Etats-Unis »[3]. Quant à la Russie, l’administration américaine a toujours été partagée quant à la stratégie à lui opposer avec notamment toute une frange de diplomates et d’analystes estimant que toute expansion de l’OTAN constituerait une menace pour la Russie et qu’il n’était pas utopique d’imaginer à long terme un rapprochement car pour eux l’histoire ne se fera pas en Europe. Ainsi, au nom d’une « foi durable » dans la démocratie, la stratégie de sécurité nationale du Président Georges W Bush déclinée en 1991 affiche une position sans ambigüité quant au rapport de force avec l’Europe et une hostilité prudente vis-à-vis de la Russie. Le préambule du document se termine par ce paragraphe : « Nous devons non seulement protéger nos citoyens et nos intérêts, mais également aider à créer un nouveau monde où non seulement nos valeurs fondamentales survivent, mais où elles prospèrent. Nous devons travailler avec les autres, mais nous devons également avoir un rôle dirigeant»[4].

Stanley Sloan, Directeur de recherche chargé des questions de sécurité internationale au Congressional Research Service, publiera dans la foulée une très instructive analyse clinique de la relation transatlantique et de son évolution à horizon d’une trentaine d’années. Elle est sans illusion sur l’émergence d’une stratégie européenne forte et à même de compenser une révision de la géostratégie américaine[5].

Les termes utilisés prennent en 2025 une résonnance toute particulière : « l’Europe de l’après-guerre froide, ainsi d’ailleurs que l’ensemble du système international, continuent à dépendre étroitement du rôle dirigeant des Etats-Unis, de leur puissance et de leur inventivité. Malgré tout son potentiel économique et ses perspectives de développement continu au sein de la CEE, l’Europe est en effet très loin d’être parvenue à un niveau suffisant de consensus politique pour être capable de prendre la relève des Etats-Unis dans ce rôle…Par conséquent, tout porte à croire que la contribution américaine demeure indispensable pour réussir à élaborer un nouveau système européen de sécurité. Les années à venir diront si les Etats-Unis sont prêts ou non à jouer de nouveau un rôle aussi décisif.

Sloan complète son analyse avec lucidité expliquant que le recul de la menace soviétique en Europe (nous sommes à quelques mois de la fin de l’URSS, les trois grands événements de l’automne 1990, à savoir l’unité allemande, la signature du traité sur les Forces conventionnelles en Europe et le sommet des 34 de la Conférence de Paris sur la sécurité en Europe (CSCE) à Paris) va affaiblir « le sentiment d’urgence sans lequel il sera difficile de réaliser des progrès rapides vers une plus grande cohésion du pilier européen (pilier de défense ouest- européen).  On peut donc envisager de prendre un certain nombre de mesures concrètes en faveur d’une défense ouest-européenne, et la révision de la stratégie de l’OTAN pourrait amener à reconnaître explicitement l’extension du rôle et des responsabilités incombant aux pays européens au sein de l’Alliance. Mais, dans l’avenir proche, il ne faut pas prévoir d’avancées politiques majeures sur la voie de la création d’un pilier européen solide.

On ne peut comprendre le tragique de la période actuelle sans faire référence aux six biais cognitifs que nous avons collectivement cultivés depuis plus de trente ans et qu’il faut inlassablement rappeler.  L’optimisme qui va occulter certains scénarios au prétexte qu’ils sont inenvisageables ; les expertises contradictoires qui inciteront à se ranger aux évaluations les plus proches de leurs objectifs ; les contraintes budgétaires qui vont privilégier la sous-évaluation des mesures dont il est toujours difficile de quantifier le retour sur investissement ; les difficultés de prise  en compte les interdépendances dont la maitrise constitue le facteur clé de résolution d’une crise systémique ;  la « cécité mimétique » car parfois les décideurs dans un souci de prudence ou de déresponsabilisation succombent à la facilité d’imiter le comportement d’autres acteurs en faisant l’économie d’une analyse sur la bonne adéquation de cette transposition à leur propre situation et enfin  l’occultation d’événements du passé.

Le tragique réside également dans le contraste entre la lucidité d’un dirigeant comme le général de Gaulle qui perçoit dès les années 1960 le danger stratégique auquel la France et l’Union européenne seront confrontés et qui y répond et la faiblesse de tous les successeurs préférant traiter l’immédiateté à l’avenir.

La séquence Trump doit être prise comme une « surprise prévisible » que nous avons choisi de ne pas traiter en agissant selon des vérités périmées. La stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis en 2025[6], tout comme en 2017, avec le premier document établi par le Président Trump lors de son premier mandat, est fondée sur l’affirmation que « les États forts et souverains sont le meilleur espoir pour un monde pacifique ».  Un paragraphe de l’introduction résume efficacement le document : « Pourtant, les affaires d’autres pays ne nous concernent que si leurs activités menacent directement nos intérêts. Nos élites ont gravement mal évalué la volonté de l’Amérique de porter à jamais des fardeaux mondiaux auxquels le peuple américain ne voyait aucun lien avec l’intérêt national. Ils ont surestimé la capacité de l’Amérique à financer, simultanément, un vaste État de bien-être régulateur et administratif tout en ayant un vaste complexe militaire, diplomatique, de renseignement et d’aide étrangère ».

Quant au document de 33 pages mis en ligne le 4 décembre 2025 par la Maison Blanche, sa partie traitant de la restauration de la « grandeur européenne », les sept points de politique générale pour l’Europe[7] considérés comme prioritaires pour l’administration Trump, doivent de mon point de vue être positivés car ils donnent, a contrario, une feuille de route à suivre pour que l’Europe ne soit pas marginalisée.   

Le mode d’emploi contenu dans la partie IV-1 est révélateur des faiblesses de cette stratégie qui n’est finalement qu’une ode à la diplomatie commerciale. La phrase : « l’Europe reste stratégiquement et culturellement vitale pour les États-Unis » accolée à « Le commerce transatlantique reste l’un des piliers de l’économie mondiale et de la prospérité américaine » montre les raccourcis idéologiques qui sous-tendent cette stratégie dont l’efficacité attendue repose sur la force, car tout le reste est incantation : « La diplomatie américaine doit continuer à défendre la démocratie authentique, la liberté d’expression et la célébration sans complexe du caractère et de l’histoire propres à chaque nation européenne. Les États-Unis encouragent leurs alliés politiques en Europe à promouvoir ce renouveau spirituel, et l’influence croissante des partis patriotiques européens est en effet source d’un grand optimisme ».

Il est frappant de constater que jusqu’à présent, l’Union européenne a adopté peu ou prou la même posture incantatoire dont on ne peut que constater l’inadéquation au regard de l’actualité. En 2016, l’UE avait rendu public un rapport traitant de « l’Union dans un environnement mondial en mutation – un monde plus connecté, plus contesté et plus complexe »[8] articulé autour de quatre « sous-stratégies » : Défendre le peuple, les États, les sociétés et les valeurs de l’Union européenne ; Stabiliser le voisinage de l’Europe au sens large ; Renforcer la gouvernance multilatérale mondiale ; Interagir – l’Union, les parlements nationaux et les citoyens européens.

La déclinaison des sous stratégies et des considérants associés était fort intéressante mais laissait un goût d’inachevé en l’absence de tout développement sur le rôle de l’éducation alors même que nous devons faire face à une faillite collective des valeurs philosophiques ayant porté nos sociétés.

Comment traiter ce qui est contenu dans le considérant « C » de ce rapport sans remise à plat de la diffusion des savoirs et des connaissances ? [9]  La lecture de cette partie est éclairante en ce qu’elle illustre sans ambiguïté l’impasse dans laquelle nous nous trouvons.

Nous avons préféré et nous préférons encore savoir ce que nous sommes au lieu de nous concentrer sur qui sommes-nous. Nous avons ainsi laissé dépérir la grille de lecture de la vie commune à la civilisation européenne qui était fondée pensée grecque et dont l’une des forces était qu’elle avait également été partagée pendant des siècles par la civilisation arabe.[10]  Cette pensée était un « ensemble ordonné des questions auquel une doctrine présentable se devait d’offrir des réponses, depuis la formation du monde jusqu’à l’origine de l’homme, de sa culture et de ses institutions [11]»

Notre actuelle mauvaise compréhension du monde va de pair avec le délitement de cet enseignement, notamment en direction de ce qu’il est convenu d’appeler les élites. Le système représentatif, pierre de voûte des dispositifs démocratiques n’a pu résister bien longtemps aux coups de boutoirs de la diffusion massive de la « joie mauvaise » par les puissants réseaux d’information. En massifiant la banalité du mal sans que le spectateur n’y prenne part et avec de moins en moins de garde fous intellectuels, le mal gangrène aujourd’hui plus qu’hier les sociétés. Cette joie mauvaise constitue un puissant fertilisateur de tous les extrémismes et aussi du Trumpisme car nos sociétés ne savent plus enseigner le côté positif de la joie mauvaise qui peut se révéler être un capital à utiliser quand le malheur vient nous frapper. Encore faut-il nous apprendre à en décrypter les mécanismes.[12]

Le mal être des extrémistes en tous genre et de leurs sympathisants n’est que la traduction de ce que Nietzsche a décrit dans les Démolisseurs : « Un homme ne réussit pas ce qu’il a entrepris ; dans sa colère il s’écrie : Que l’univers entier s’écroule donc !  Ce sentiment abominable est le summum de l’envie qui raisonne en ces termes : puisque je ne peux pas avoir une chose, le monde entier ne doit plus rien avoir ! Le monde entier ne doit plus être rien »[13] 

Mal penser c’est rendre mauvais. Cet aphorisme de Nietzsche est l’un des fils conducteurs d’un savoir que l’on n’enseigne plus. Ceux qui détestent les passions ne savent pas les vaincre et engendrent le malheur.

L’abandon du territoire philosophique européen nous rend individuellement de plus en plus imperméables à constater des évidences et de plus en plus aptes à nous soumettre. C’est ainsi que, dans le pire des scénarios, l’on pourrait tout à la fois voir le terrorisme s’étendre et des dictatures proliférer.

Que faire ?

Finalement il n’y a rien de nouveau que nous ne connaissons, mais nous l’avons oublié. Pire encore nous avons méthodiquement raboté tout ce qui pouvait nous rappeler l’évidence de nos fragilités face aux mutations du monde. Or, réduire le savoir ne réduit pas les risques mais les aggrave. Nous avons accéléré le développement économique, la création de richesses, la connaissance scientifique et cette accélération a été concomitante avec l’expansion des libertés individuelles mais au prix d’un profond malaise de nos sociétés qui deviennent de plus en plus instables et surtout égoïstes. Ce contexte crée des rivalités, du désir, des envies, qui sont les ingrédients de base du mal. Nous serions donc bien inspirés de nous redonner au plus vite les moyens de répondre aux quatre questions fondamentales que Socrate posait à ses interlocuteurs : De quoi s’agit-il ? Que cherches-tu au fond ? Que veux-tu dire au juste ? Comment sais-tu ce que tu viens de dire ?

La stratégie du Président Trump est bien loin de ces fondamentaux et il est vraisemblable qu’ils lui sont étrangers tout comme à son entourage. Notre force réside dans la mémoire collective européenne qui conserve encore des traces de ce savoir. Nous avons encore des anticorps qui se baladent dans notre organisme mais il faut les réveiller. Le conflit ukrainien, les outrances trumpiennes sont à considérer positivement comme de bénéfiques rappels vaccinatoires mais le temps disponible pour que les anticorps produisent des effets bénéfiques est de plus en plus court.

Être passifs ou timorés signera l’acte de décès de l’Europe et inéluctablement un nouveau déclassement de la France dans cette construction à laquelle nous avons puissamment contribué[14].

Cela ne veut pas dire une défense du statu quo européen mais plutôt une refondation autour des pays qui seront prêts à défendre des valeurs identiques, à l’instar par exemple de la coalition des volontaires rendue publique lors du sommet de Londres sur l’Ukraine le 2 mars 2025. Le défi à relever est à la hauteur du désastre qui s’annonce si nous renonçons à défendre de toutes nos forces les valeurs pour lesquelles nous avons versé du sang. Nous avons déjà survécu à la guerre et il faut aujourd’hui nous battre pour que la paix européenne ne soit pas une paix de vassalisation.


[1]https://gerard-pardini.fr/2025/03/07/comprendre-les-crises-135-la-remise-a-plat-du-lien- transatlantique-une-surprise-previsible/

[2] Michelle Seban ; Les événements de Mai 1968 vus par trois périodiques américains ; Revue Raison présente Année 1979 ; 50 pp. 7-27. https://www.persee.fr/doc/raipr_0033-9075_1979_num_50_1_1985

[3] Pierre Hassner ; Justin Vaîsse ; Washington et le monde ; Dilemmes d’une superpuissance ; Editions du CERI ; 2003. Pierre Hassner, normalien et agrégé de philosophie ; élève de Raymond Aron ; Professeur au CERI et à Sciences Po et à l’université Johns Hopkins de Bologne ; Justin Vaïsse ; Fondateur et directeur général du Forum de Paris sur la Paix, il a été directeur du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de 2013 à 2019. Normalien, agrégé d’histoire, il est enseignant à Sciences Po (Paris School of International Affairs), à l’ENA, à l’Université de Paris III et à l’université Johns-Hopkins (SAIS, Paul H. Nitze School of Advanced International Studies, Washington.

[4] Stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis 1991 ; Préambule du Président Georges W Bush au rapport de la Maison Blanche publié en août 1991.

[5] Stanley R Sloan, diplômé de l’université du Maine (BA), de la School of International Affairs de l’université de Columbia (MIA) et de l’American University’s School of International Service a été l’un des meilleurs spécialistes américains de la politique transatlantique. Il a occupé à la CIA le poste d’administrateur pour l’OTAN et la Communauté européenne. Il a également été membre de la délégation des États-Unis aux négociations sur les réductions mutuelles et équilibrées des forces et adjoint à l’agent principal du renseignement national pour l’Europe de l’Ouest.

Les Etats-Unis et la nouvelle Europe : une stratégie pour l’avenir https://www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_1991_num_56_1_4016

[6] Stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis ; Document intégral en français ; https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/06/strategie-de-securite-nationale-americaine-le-plan-de-la-maison-blanche-contre-leurope-texte-integral/

[7] 1) Rétablir les conditions de stabilité en Europe et la stabilité stratégique avec la Russie (pour atténuer le risque de conflit entre la Russie et les États européens); 2) Permettre à l’Europe de voler de ses propres ailes et de fonctionner comme un groupe de nations souveraines alignées, notamment en lui faisant principalement assumer la responsabilité de sa propre défense, sans être dominée par une puissance adverse ;3) Cultiver, au sein des nations européennes, la résistance à la trajectoire actuelle de l’Europe ;4) Ouvrir les marchés européens aux biens et services américains et garantir un traitement équitable des travailleurs et des entreprises américains ;5) Renforcer les nations saines d’Europe centrale, orientale et méridionale grâce à des liens commerciaux, des ventes d’armes, une collaboration politique et des échanges culturels et éducatifs ;6) Mettre fin à la perception, et empêcher la réalité, de l’OTAN comme une alliance en expansion perpétuelle ; 7) Encourager l’Europe à prendre des mesures pour lutter contre la surcapacité mercantiliste, le vol  technologique, le cyberespionnage et d’autres pratiques économiques hostiles.

[8] Parlement européen ; Rapport de la commission des affaires étrangères du 29 mars 2016 ; référence 2015/2272(INI) Rapporteur Sandra Kalniete.

[9] « Considérant que les menaces recensées dans la stratégie européenne de sécurité de 2003 – terrorisme, armes de destruction massive, conflits régionaux, États en déliquescence et criminalité organisée – restent pour l’essentiel d’actualité; qu’aujourd’hui, l’Union est confrontée à un certain nombre de défis supplémentaires, graves et inédits, tels que les tentatives de révisionnisme visant à redessiner les frontières par la force et à remettre en cause, en infraction avec le droit international, un ordre mondial fondé sur des règles, le changement climatique, la croissance économique au ralenti, les vastes flux migratoires et de réfugiés, et la plus importante crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale, auxquels s’ajoutent les évolutions technologiques dans les domaines de la recherche spatiale et de la cybernétique, la criminalité financière, la prolifération nucléaire et la course aux armements, la guerre hybride et asymétrique et les menaces en la matière »

[10]  On lira avec intérêt sur ces points l’ouvrage du Professeur Jean Brun, L’Europe Philosophe, 1988. Stock. Collection Les clefs de l’histoire.

[11] Jacques Brunschwig, Geoffrey Lloyd ; Dir ; Le Savoir grec ; nouvelle édition ; Flammarion 2011.

[12] Helmut Schoek ; L’envie ; Les Belles Lettres ; 1995. La lecture de cet essai du philosophe allemand apporte un indispensable éclairage aux questions fondamentales qui traversent l’humanité depuis ses origines. Le crime peut-il être inspiré par l’envie ? La politique peut-elle apaiser l’envie ? Quels rapports entre envie et esprit de compétition ?  Toutes questions dont les clefs sont détenues par la philosophie grecque.

[13]Nietzsche ; Aurore, Les démolisseurs ; Réflexions sur les préjugés moraux ; Traduction Henri Albert ; Mercure de France, 1901 ; Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, vol. 7.

[14]Riccardo Perissich, Directeur d’études à l’École d’économie politique de la LUISS (Rome) ; L’Europe, Trump et sa vision du monde ; Telos; 8 déc. 2025. https://www.telos-eu.com/fr/politique-francaise-et-internationale/leurope-trump-et-sa-vision-du-monde.html

Gilles Andréani, Professeur associé à Sciences Po Paris, ancien directeur du Centre d’analyse et de Prévision du ministère des affaires étrangères;  Le spectre du trumpisme: à propos de la Stratégie nationale 2025 des États-Unis ; Telos; 11 déc. 2025. https://www.telos-eu.com/fr/le-spectre-du-trumpisme-a-propos-de-la-strategie-n.html


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